Make ou n8n pour automatiser vos workflows professionnels ? Comparatif complet

Make-VS-n8n

Introduction

Dans un monde professionnel où le gain de temps devient un avantage concurrentiel majeur, l’automatisation des workflows s’impose comme une nécessité. Les tâches répétitives dévorent silencieusement notre productivité, tandis que les intégrations entre applications deviennent indispensables pour maintenir la fluidité des processus. Face à ce constat, deux acteurs se distinguent particulièrement : Make (anciennement Integromat) et n8n.

Ces deux plateformes, bien que poursuivant le même objectif, proposent des approches fondamentalement différentes de l’automatisation. Le choix entre ces solutions peut sembler complexe au premier abord, d’autant plus que chacune possède ses propres forces et faiblesses. C’est pourquoi nous avons décidé de réaliser ce comparatif approfondi, afin de vous aider à prendre une décision éclairée qui correspondra véritablement à vos besoins spécifiques.

 

1. Comprendre les fondamentaux : Make et n8n en un coup d’œil

1.1 Make (ex-Integromat) : plateforme d’automatisation cloud

Lancé en 2016 sous le nom d’Integromat avant son rebranding en Make en 2021, cet outil s’est rapidement imposé comme une référence dans l’univers de l’automatisation. Son approche visuelle distincte, avec ses scénarios représentés sous forme de cercles connectés, a contribué à son succès auprès d’un large public.

Make a construit sa réputation sur la simplicité d’utilisation sans sacrifier la puissance. La plateforme fonctionne exclusivement en mode SaaS (Software as a Service), ce qui signifie que tout est hébergé sur les serveurs de l’entreprise. Cette approche cloud-first permet une mise en place très rapide, sans configuration technique particulière.

La philosophie de Make pourrait se résumer ainsi : démocratiser l’automatisation en la rendant accessible au plus grand nombre, des petites entreprises aux grands groupes, en passant par les indépendants. D’ailleurs, j’ai moi-même utilisé Make pour automatiser l’envoi de rapports hebdomadaires dans une précédente mission, et la prise en main a été étonnamment rapide, même pour quelqu’un qui n’avait jamais touché à ce type d’outil.

 

1.2 n8n : la solution open-source flexible

n8n représente une approche radicalement différente. Née en 2019, cette solution open-source a rapidement gagné en popularité auprès des utilisateurs techniques et des entreprises soucieuses de garder le contrôle sur leurs données. Son nom, prononcé « nodemation », fait référence à son fonctionnement basé sur des nœuds pour construire des workflows.

Contrairement à Make, n8n mise avant tout sur la flexibilité et le contrôle. La plateforme peut être auto-hébergée sur vos propres serveurs, ce qui constitue un avantage considérable pour les organisations ayant des exigences strictes en matière de sécurité des données ou de conformité réglementaire.

L’écosystème n8n s’appuie sur une communauté active qui contribue régulièrement à son développement. Cette dimension collaborative permet d’ailleurs une évolution rapide et l’ajout constant de nouvelles fonctionnalités ou intégrations. La courbe d’apprentissage peut sembler un peu plus abrupte que celle de Make, mais la documentation riche et la communauté réactive compensent largement cet aspect.

 

1.3 Les cas d’usage typiques de chaque plateforme

Si ces deux solutions permettent d’automatiser des workflows, certains contextes se prêtent mieux à l’une ou l’autre :

  • Make excelle particulièrement dans : les environnements marketing et commerciaux, la gestion de contenus sur les réseaux sociaux, et les petites structures cherchant une solution sans maintenance technique.
  • n8n trouve sa place de choix dans : les entreprises tech-savvy, les organisations avec des contraintes de conformité strictes (secteur médical, financier), et les projets nécessitant des automatisations hautement personnalisées.

J’ai notamment observé que les startups en phase de croissance commencent souvent avec Make pour sa simplicité, puis certaines migrent progressivement vers n8n lorsque leurs besoins en personnalisation et en contrôle des données deviennent prioritaires.

En termes de profils utilisateurs, Make attire davantage les professionnels du marketing, les gestionnaires de projets et les non-techniciens grâce à son interface intuitive. n8n, quant à lui, séduit plutôt les développeurs, les administrateurs systèmes et les équipes IT qui valorisent la possibilité de personnaliser en profondeur leurs automatisations. 🔄

Bien sûr, ces catégorisations ne sont pas absolues, et les deux plateformes peuvent s’adapter à différents contextes. Le choix dépendra finalement de vos priorités : simplicité et rapidité de déploiement contre flexibilité et contrôle total des données.

 

2. Face à face technique : fonctionnalités et capacités

2.1 Interface utilisateur et courbe d’apprentissage

Quand on parle d’automatisation, l’interface utilisateur joue un rôle crucial dans l’adoption d’un outil. Make propose une approche visuelle plutôt séduisante avec son système de « bulles » reliées entre elles. Cette visualisation, franchement intuitive, permet de comprendre rapidement le flux de données et la logique du scénario en un coup d’œil.

En revanche, n8n adopte une représentation plus classique sous forme de nœuds connectés. C’est un peu moins « sexy » visuellement, mais reste parfaitement fonctionnel. La prise en main demande généralement quelques heures supplémentaires par rapport à Make, surtout pour les débutants.

J’ai formé plusieurs équipes sur ces deux outils, et j’ai remarqué que les non-techniciens se sentent souvent plus à l’aise avec Make dans les premières semaines. Cependant, cette différence tend à s’estomper avec le temps et la pratique.

 

2.2 Puissance et complexité des workflows

Pour ce qui est de la puissance brute, difficile de départager ces deux plateformes. Elles permettent toutes deux de créer des scénarios complexes avec conditions multiples, boucles et gestion d’erreurs.

Make brille particulièrement dans le traitement des données avec ses fonctions de mappage avancées et ses agrégateurs intuitifs. C’est une vraie force pour manipuler des jeux de données complexes sans écrire une seule ligne de code.

n8n, de son côté, offre une flexibilité impressionnante pour les workflows nécessitant une personnalisation poussée. Sa capacité à insérer du code JavaScript à n’importe quelle étape du processus en fait un outil redoutable pour les cas d’usage atypiques.

Point technique important : Les deux plateformes gèrent différemment les limitations d’exécution. Make fonctionne avec un système d’opérations mensuelles, tandis que n8n, quand il est auto-hébergé, n’impose aucune limite d’utilisation (hormis les capacités de votre propre infrastructure).

 

2.3 Intégrations natives et connectivité

Sur le plan des intégrations, Make prend l’avantage avec plus de 1000 applications connectables nativement. Cette richesse d’intégrations « clé en main » constitue un atout majeur pour les entreprises souhaitant connecter rapidement leurs outils existants.

n8n propose environ 280 intégrations natives au moment où j’écris ces lignes. C’est moins impressionnant sur le papier, mais la plateforme compense largement ce « désavantage » par sa flexibilité exceptionnelle. En effet, l’outil permet de créer facilement des nœuds personnalisés pour n’importe quelle API, ce qui rend techniquement possible la connexion à pratiquement n’importe quel service.

Critère Make n8n
Intégrations natives +1000 ~280
Création d’intégrations personnalisées Possible via HTTP Très flexible (nœuds personnalisés)
Qualité de la documentation des intégrations Excellente et détaillée Bonne, mais parfois inégale

 

2.4 Capacités de développement et personnalisation

Pour les équipes ayant des compétences techniques, la capacité à étendre les fonctionnalités natives est souvent déterminante. n8n excelle particulièrement dans ce domaine grâce à son architecture ouverte et modulaire. La plateforme permet de créer des nœuds personnalisés en JavaScript, offrant ainsi une flexibilité quasi illimitée.

Make, bien que moins extensible par nature, propose néanmoins des fonctionnalités avancées comme les modules HTTP personnalisés et l’exécution de code JavaScript intégré. Ces options sont généralement suffisantes pour la plupart des cas d’usage, mais peuvent sembler limitantes pour des besoins très spécifiques.

Il m’est arrivé de devoir implémenter un workflow qui nécessitait l’utilisation d’un algorithme de traitement d’image assez spécifique. Avec n8n, j’ai pu créer un nœud personnalisé intégrant directement une bibliothèque Node.js existante. Avec Make, j’aurais probablement dû passer par un service externe et des requêtes HTTP, rendant le processus plus complexe.

 

3. Déploiement et infrastructure : cloud vs self-hosted

3.1 Make : l’approche SaaS centralisée

Make adopte une approche 100% SaaS (Software as a Service), ce qui signifie que tous vos workflows sont hébergés sur leurs serveurs. Cette centralisation présente des avantages considérables : zéro maintenance technique, mises à jour automatiques et disponibilité garantie (généralement supérieure à 99,9%).

Cette approche convient parfaitement aux entreprises qui souhaitent se concentrer sur leurs processus métiers plutôt que sur la gestion d’infrastructure. D’ailleurs, quand on regarde les statistiques, la majorité des PME préfèrent cette approche « sans tracas ».

Cependant, cette facilité a un coût : une dépendance totale envers le fournisseur. Si Make connaît une panne (ce qui reste rare, soyons honnêtes), tous vos workflows sont à l’arrêt. De plus, vos données transitent nécessairement par leurs serveurs, ce qui peut poser problème pour les informations sensibles. 🔒

 

3.2 n8n : liberté d’auto-hébergement et contrôle des données

n8n se distingue fondamentalement par sa flexibilité de déploiement. Vous pouvez l’installer sur votre propre serveur, dans un container Docker, ou même l’utiliser en version cloud si vous préférez. Cette liberté représente un atout majeur pour les organisations ayant des exigences strictes en matière de sécurité ou de conformité réglementaire.

L’auto-hébergement vous permet de garder un contrôle total sur vos données, qui ne sortent jamais de votre infrastructure. Cet avantage est particulièrement précieux pour les secteurs réglementés comme la santé, la finance ou l’administration publique.

Bien entendu, cette liberté s’accompagne de responsabilités supplémentaires : vous devrez gérer vous-même les mises à jour, la sécurité et la disponibilité de votre instance n8n. Pour les équipes disposant de compétences techniques, ce n’est généralement pas un problème majeur, mais cela représente néanmoins une charge de travail supplémentaire.

 

3.3 Sécurité et conformité : analyse comparative

La question de la sécurité devient particulièrement épineuse quand on parle d’automatiser des processus métiers. Les deux plateformes ont bien compris cet enjeu, mais l’abordent différemment.

Make, avec son approche centralisée, mise sur une protection robuste de bout en bout. Toutes les connexions sont chiffrées en SSL/TLS, et les données sensibles stockées dans leur infrastructure bénéficient d’un chiffrement AES-256. Plutôt rassurant. Ils sont également conformes au RGPD européen, un point crucial pour les entreprises du vieux continent.

Du côté de n8n, la conformité dépend largement de votre propre infrastructure quand vous choisissez l’auto-hébergement. C’est à la fois une liberté et une responsabilité. Vous gardez le contrôle total sur vos données, ce qui peut faciliter la mise en conformité avec des réglementations sectorielles spécifiques comme HIPAA dans la santé ou PCI DSS dans le paiement.

J’ai récemment travaillé avec une entreprise financière qui a opté pour n8n précisément pour cette raison. Leurs données ne sortaient jamais de leur infrastructure sécurisée, ce qui limitait considérablement les risques réglementaires.

 

4. Analyse des coûts et retour sur investissement

4.1 Structure tarifaire de Make

Make propose une structure tarifaire basée sur le nombre d’opérations mensuelles et de fonctionnalités disponibles. Leur offre comprend :

  • Plan gratuit : 1 000 opérations/mois, limité à 2 scénarios
  • Plan Core : à partir de 9$/mois pour 10 000 opérations
  • Plan Pro : à partir de 16$/mois pour 10 000 opérations et des fonctionnalités avancées
  • Plan Teams : à partir de 29$/mois avec collaboration d’équipe
  • Plan Enterprise : tarification personnalisée pour les grands comptes

Un point crucial à comprendre : le concept d’opération chez Make peut être déroutant. Une opération correspond à une action individuelle au sein d’un scénario. Un simple workflow comportant 5 étapes consommera donc 5 opérations à chaque exécution. Les coûts peuvent grimper rapidement pour des processus complexes exécutés fréquemment.

 

4.2 Modèle économique de n8n

n8n présente un modèle différent avec deux options principales :

Version open-source (gratuite) : utilisable sans limite en auto-hébergement, idéale pour tester ou pour les petites structures. Tous les frais sont liés à votre propre infrastructure.

n8n Cloud : service géré similaire au modèle SaaS, avec une tarification débutant à 20$/mois pour un utilisateur.

La version auto-hébergée semble gratuite au premier abord, mais n’oublions pas les coûts cachés : serveurs, maintenance, sauvegardes et temps technique. Ces éléments doivent être intégrés dans l’équation financière.

Coût Make n8n (auto-hébergé)
Frais directs 9-29$/mois (selon plan) Gratuit (licence)
Infrastructure Incluse 5-50$/mois minimum
Maintenance Incluse Temps d’ingénierie

 

4.3 Évaluation du ROI à court et long terme

Le retour sur investissement dépend fortement de votre contexte. À court terme, Make offre généralement un ROI plus rapide grâce à sa facilité de déploiement. J’ai vu des équipes marketing automatiser leurs processus en quelques jours, éliminant instantanément des heures de travail manuel répétitif.

Sur le long terme, n8n peut s’avérer plus économique pour les organisations ayant déjà une infrastructure technique. L’absence de limitations d’opérations permet de déployer des workflows complexes sans craindre l’explosion des coûts.

Pour calculer précisément votre ROI, considérez ces facteurs clés :

  • Temps économisé par semaine grâce à l’automatisation
  • Coût horaire des ressources humaines libérées
  • Réduction des erreurs et gains de qualité
  • Ressources techniques nécessaires à la maintenance

5. Guide de décision : quel outil choisir selon votre contexte

5.1 Critères décisionnels par profil d’entreprise

Le choix entre Make et n8n devrait être guidé par votre profil organisationnel :

Pour les startups et petites structures, Make offre généralement un meilleur compromis. Sa facilité d’utilisation et l’absence de besoins en infrastructure permettent un démarrage rapide. Le plan gratuit ou Core conviendra parfaitement à la plupart des cas d’usage initiaux.

Les moyennes entreprises devront évaluer leur maturité technique. Celles disposant d’équipes IT solides pourront tirer parti de n8n, tandis que celles privilégiant la simplicité s’orienteront vers Make pour automatiser leurs processus.

Les grandes organisations ont souvent des exigences de conformité et de sécurité qui peuvent rendre n8n plus attractif, malgré sa complexité supérieure. La possibilité d’héberger la solution en interne représente un atout considérable pour les secteurs sensibles.

 

5.2 Facteurs techniques déterminants

Quelques critères techniques peuvent orienter définitivement votre choix :

Si vous traitez des volumes de données massifs, n8n offre plus de flexibilité sans les limitations d’opérations de Make.

Pour les workflows extrêmement complexes nécessitant du code personnalisé, n8n s’impose naturellement grâce à son approche open-source.

Si vos besoins d’intégration concernent principalement des applications grand public, Make dispose probablement déjà des connecteurs natifs, ce qui accélérera considérablement votre déploiement.

 

5.3 Évolution et perspectives d’avenir

Les deux plateformes évoluent rapidement, mais dans des directions légèrement différentes. Make renforce continuellement son catalogue d’intégrations et améliore son interface pour la rendre toujours plus accessible.

n8n, porté par sa communauté active, se développe à un rythme impressionnant. Sa nature open-source lui permet d’explorer des fonctionnalités innovantes que les solutions propriétaires mettront plus de temps à adopter.

En termes de pérennité, les deux acteurs semblent solidement établis. Make (anciennement Integromat) a été racheté par Celonis en 2020, lui assurant des ressources importantes pour son développement futur. n8n, de son côté, a levé plusieurs millions de dollars en financement, confirmant l’intérêt des investisseurs pour cette approche open-source.

 

Conclusion

Au terme de cette analyse approfondie, il apparaît clairement que le choix entre Make et n8n dépend avant tout de vos priorités et contraintes spécifiques.

Make excelle dans la rapidité de déploiement, la simplicité d’utilisation et la richesse des intégrations natives. C’est l’outil idéal pour les équipes cherchant à automatiser rapidement sans expertise technique approfondie, notamment dans les domaines du marketing et de la vente.

n8n brille par sa flexibilité, son contrôle sur les données et sa personnalisation avancée. Il conviendra parfaitement aux organisations soucieuses de la souveraineté de leurs données ou ayant des besoins d’automatisation très spécifiques.

Mon conseil ? Essayez les deux solutions avant de vous décider. Les deux plateformes proposent des versions gratuites ou d’essai qui vous permettront de tester concrètement si l’outil correspond à vos workflows spécifiques. 🧪

L’automatisation est un voyage, pas une destination. La solution qui vous convient aujourd’hui pourrait ne plus être adaptée dans un an, à mesure que vos processus évoluent et se complexifient. Restez ouvert au changement, et n’hésitez pas à réévaluer régulièrement vos choix technologiques.

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